Livre Vert
Améliorer la
santé
mentale de la population:
Vers une stratégie sur la santé mentale pour L’Union
européenne
Bruxelles, 14.10.2005 COM(2005)484
Pour plus d’informations, visitez le site internet de la Direction générale ‘Santé et protection des consommateurs’:
http://europa.eu.int/comm/dgs/health_consumer/index_fr.htm
© Communauté européenne, 2005
Reproduction
authorisée,
moyennant mention de la source
|
1. Introduction .................................................................................................................. 3 2. La santé mentale : un élément vital pour les citoyens, la société et le progrès ............ 4 3. État des lieux – La mauvaise santé mentale : un problème grandissant pour l’Union européenne ................................................................................................................... 4 4. La riposte : initiatives en faveur de la santé mentale ................................................... 5 4.1. Mandat et activités de la Communauté européenne dans le domaine de la santé mentale ......................................................................................................................... 5 4.2. La santé mentale dans les États membres .................................................................... 7 5. De l’utilité d’une stratégie communautaire sur la santé mentale ................................. 7 6. En quête de solutions : mesures envisageables ............................................................ 8 6.1. Action en faveur de la santé mentale et prévention ..................................................... 9 6.1.1. Action en faveur de la santé mentale de la population................................................. 9 6.1.2. Prévention .................................................................................................................. 10 6.2. Favoriser l’insertion des malades mentaux et des personnes mentalement diminuées dans la société et défendre leurs droits fondamentaux et leur dignité........................ 12 6.3. Améliorer l’information et les connaissances sur la santé mentale dans l’Union européenne ................................................................................................................. 13 7. Un processus de consultation pour l’élaboration d’une stratégie communautaire sur la santé mentale.............................................................................................................. 13 7.1. Ouverture d’un dialogue sur la santé mentale avec les États membres ..................... 14 7.2. Lancement de la Plate-forme de l’Union européenne sur la santé mentale ............... 14 7.3. Mise en place d’une interface entre action et recherche autour de la santé mentale.. 14 8. Étapes suivantes .........................................................................................................14 |
1. INTRODUCTION
La santé mentale de la population européenne est l’un des moyens d’atteindre quelques-uns des objectifs stratégiques de l’Union européenne : le retour de l’Europe sur la voie de la prospérité durable, la concrétisation des engagements de l’Union en faveur de la solidarité et de la justice sociale, ou encore, l’amélioration tangible et concrète de la qualité de la vie des citoyens européens. Cependant, la santé mentale de la population de l’Union peut être considérablement améliorée. En effet : - la mauvaise santé mentale touche un citoyen sur quatre et peut conduire au suicide, qui prélève un trop lourd tribut en vies humaines ; - elle grève sévèrement, par les pertes et les charges dont elle est la cause, les mécanismes économiques, sociaux, éducatifs, pénaux et judiciaires ; - l’exclusion sociale et la stigmatisation des malades mentaux, de même que les atteintes aux droits et à la dignité de ces derniers, demeurent une réalité et battent en brèche les valeurs fondamentales européennes. Des progrès sont possibles. Beaucoup d’initiatives ont déjà été prises. Elles doivent être développées et consolidées. La conférence ministérielle européenne de l’OMS sur la santé mentale qui s’est tenue en janvier 2005 a débouché sur de solides engagements politiques et sur un plan d’action exhaustif en la matière. Elle a invité la Commission européenne, coorganisatrice de la conférence avec l’OMS, à contribuer, en collaboration avec cette dernière, à l’application de ce plan dans la limite de ses compétences et conformément aux attentes du Conseil. Ce livre vert est une première réponse à cette invitation. Il propose à cet effet d’élaborer une stratégie communautaire sur la santé mentale qui apporterait la plus-value suivante : elle offrirait des structures d’échange et de coopération entre États membres, aiderait à renforcer la cohérence des actions engagées au niveau national et communautaire dans les secteurs liés ou non à la santé et permettrait aux parties prenantes de tous les horizons d’intervenir dans la recherche de solutions. Le
présent livre vert vise à associer les institutions
européennes, les pouvoirs publics, les professions de la
santé, les parties prenantes d’autres secteurs, la
société civile – y compris les associations de patients –
et les milieux de la recherche à un débat sur
l’importance de la santé mentale pour l’Union européenne
ainsi que sur la nécessité d’une stratégie
communautaire
à cet égard et sur les priorités
éventuelles
de celle-ci. En
vertu de l’article 152 du Traité, certaines des propositions
d’action touchant à la santé publique qui figurent dans
le présent livre vert relèvent de la compétence de
la Communauté. |
2. LA SANTE MENTALE :
UN ELEMENT VITAL POUR LES
CITOYENS, LA SOCIETE ET LE
PROGRES
|
Santé et santé mentale vont de pair.
Pour
l’individu, la santé mentale est le moyen de s’épanouir
sur le double plan intellectuel et émotionnel, mais aussi de
trouver
et de tenir sa La santé mentale, la mauvaise santé mentale et leurs déterminants L’OMS définit la santé mentale comme « un état de bien-être dans lequel la personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et fructueux et contribuer à la vie de sa communauté ». La mauvaise santé mentale englobe les troubles mentaux et la psychasthénie (névroses), les dysfonctionnements associés au stress, les symptômes de démence et les démences susceptibles de faire l’objet d’un diagnostic, telles que la schizophrénie ou la dépression. L’état mental d’un individu est
déterminé
par une multiplicité
de facteurs (voir annexe 1), dont des facteurs
biologiques (par exemple,
le sexe ou la génétique), personnels (par exemple, la vie
privée),
familiales et sociales (par exemple, l’accompagnement social) ou
encore,
économiques et existentiels (par exemple, le statut social et
les
conditions d’existence). |
3. ÉTAT DES LIEUX –
LA MAUVAISE SANTE MENTALE
: UN
PROBLEME GRANDISSANT POUR L’UNION EUROPEENNE
|
Santé On estime que plus de 27 % des Européens d’âge adulte connaissent au moins une forme de mauvaise santé mentale au cours d’une année donnée (voir annexe 2). Les formes de mauvaise santé mentale les plus couramment observées dans l’Union européenne sont les troubles anxieux et la dépression. Celle-ci devrait devenir, d’ici à 2020, la première cause de morbidité dans l’ensemble des pays développés. À l’heure actuelle, sur le territoire
communautaire, quelques 58 000
personnes se suicident chaque année (voir annexe 3). Ce
chiffre
dépasse le nombre annuel des homicides ou des décès consécutifs aux accidents de la
route ou au VIH/sida5. Prospérité, solidarité et justice sociale La mauvaise santé mentale a de multiples
répercussions. Les troubles de la conduite et du comportement qui surviennent durant l’enfance entraînent des dépenses pour les systèmes social, éducatif, pénal et judiciaire (voir annexe 4). D’autres dépenses invisibles découlent du traitement que la société réserve aux malades mentaux et aux personnes mentalement diminuées : en dépit des améliorations thérapeutiques et de l’évolution favorable des soins psychiatriques (affirmation non vérifée), les premiers comme les seconds restent victimes de l’exclusion sociale, de la discrimination et d’atteintes à leurs droits fondamentaux et à leur dignité. |
|
Dès lors que la mauvaise santé mentale était de plus en plus ressentie comme un véritable problème, décideurs, professionnels de la santé et autres parties prenantes se sont mis en quête de solutions ; l’initiative la plus récente en la matière est la conférence ministérielle européenne de l’OMS sur la santé mentale. De l’avis général, une
première priorité consiste à prodiguer aux
patients en mauvaise santé
mentale des soins et des services de traitement qui se
caractérisent par leur efficacité (oui, mais lesquels!) et leur
excellence et qui soient accessibles à
leurs destinataires.( à condition que certaines lois
ne
s'y opposent pas) Mais,
si les interventions médicales jouent un rôle central dans
la solution des problèmes, elles ne peuvent à elles
seules
s’atteler à la modification des déterminants sociaux.
Aussi
bien, conformément à la stratégie de l’OMS, il
convient
d’adopter une méthode globale qui, tout à la fois,
comprenne
la fourniture de soins et de traitements aux patients et s’adresse
à
la population dans son ensemble, l’objectif étant de favoriser
la
santé mentale, de prévenir la mauvaise santé
mentale
et de régler les questions de stigmatisation et de violation des
droits de l’homme. De nombreux protagonistes devraient être
associés
à une telle méthode, à commencer par les secteurs
relevant
ou non de la santé et les parties prenantes dont les
décisions
ont une influence sur la santé mentale de la population. Les
associations
de patients (et les patients et
parents
eux-mêmes) et la société civile devraient,
elles aussi, occuper une place prééminente dans le
processus
d’élaboration de solutions. 4.1. Mandat et activités de la Communauté européenne dans le domaine de la santé mentale Le champ d’action communautaire en matière de santé publique est défini à l’article 152 du Traité : « un niveau élevé de protection de la santé humaine est assuré dans la définition et la mise en œuvre de toutes les politiques et actions de la Communauté. ». Cette action doit, d’une part, compléter les politiques nationales et porter sur l’amélioration de la santé, la prévention des maladies et des affections, l’information et l’éducation sanitaires et l’atténuation des dommages causés par les stupéfiants et, d’autre part, inciter les États membres – qui sont seuls compétents (à voir!) quant à l’organisation des soins et des services de santé – à coopérer dans ce domaine. Pour les autres politiques communautaires, les bases juridiques appropriées sont d’application. Au vu de ces compétences, la santé mentale est un domaine qui se prête à l’action de la Communauté européenne en raison : - de la contribution que la bonne santé mentale de la population peut apporter à la poursuite de certains objectifs stratégiques de l’Union européenne, - du rôle de la Communauté, s’agissant d’encourager et de soutenir la coopération entre États membres et de se pencher sur les inégalités entre ceux-ci, et - de l’obligation incombant à la Communauté d’œuvrer à l’instauration d’un haut niveau deprotection de la santé publique par le truchement de toutes ses politiques et activités. Ces dernières années, des initiatives spécifiques ont été engagées dans diverses politiques communautaires. – La politique de santé de la Communauté s’étend à la santé mentale depuis 1997, à travers des projets et des initiatives particuliers (annexe 5). Le Programme d’action communautaire dans le domaine de la santé publique (2003-2008) sert, en l’occurrence, de base juridique. D’autres priorités connexes avaient trait à la consommation de drogues et aux ravages de l’alcool. – Les initiatives lancées dans le contexte de la politique sociale et de la politique de l’emploi avaient pour objectifs l’élimination des discriminations exercées à l’encontre des personnes souffrant de troubles mentaux, l’insertion sociale des personnes mentalement diminuées et la prévention du stress sur le lieu de travail, grâce, notamment : – à l’adoption de la directive 2000/78/CE, qui interdit – entre autres – les discriminations s’exerçant dans le domaine de l’emploi sur la base d’un handicap, – aux actions entreprises tout au long de 2003, Année européenne des personnes handicapées, et – à l’adoption, en 2004, d’un accord-cadre européen entre partenaires sociaux sur le stress lié au travail. – Les programmes-cadres pour la recherche de la Communauté ont été et demeurent une source importante de financement non négligeable pour la recherche européenne sur la santé mentale. Par exemple, le projet MHEDEA-2000, qui consistait en une évaluation européenne de l’incapacité mentale. – La politique de la
société
de l’information et des médias contribue à la
création d’instruments dérivés des
technologies de l’information et de la communication (TIC) et voués
à la prévention, au diagnostic et aux soins. – Une partie des activités et des projets liés à la politique de l’éducation concerne la santé mentale (compétences essentielles pour la société cognitive, par exemple). – Dans le contexte de la politique pour la liberté, la justice et la sécurité de la Communauté, il faut citer la seconde phase du Programme d’action communautaire visant à prévenir et à combattre la violence envers les enfants, les adolescents et les femmes et à protéger les victimes et les groupes à risques (Daphné II) : en effet, cette forme de violence peut engendrer des problèmes de santé mentale. Malgré
tout, il n’existe pas encore, à l’échelon communautaire,
de stratégie globale qui rattacherait entre elles toutes les
activités évoquées plus haut. Or une
stratégie de cette nature
consoliderait la cohérence et l’efficacité des
initiatives
en cours et à venir. Finalement,
rien sur les psychoses, autismes et maladies orphelines! 4.2. La santé mentale dans les États membres On observe de grandes inégalités entre les États membres, mais aussi à l’intérieur de ceux-ci. Par exemple, les taux de suicide peuvent aller de 3,6 pour 100 000 habitants, en Grèce, à 44 pour 100 000 – le plus élevé du monde –, en Lituanie. De la même manière, la part du budget de la santé publique consacrée à la santé mentale peut varier largement d’un État membre à l’autre (voir annexe 6). Selon le rapport intitulé The state of mental health in the European Union (2004), le statut accordé à la santé mentale n’est pas le même dans tous les États membres ; bien plutôt, il reflète l’existence de situations, de traditions et de cultures diverses. Quant aux chapitres par pays réunis dans Mental health promotion and mental disorder prevention across European Union Member States: an overview, ils décrivent les problèmes, les politiques et les structures de chaque État membre. Les différences nationales ne permettent pas de tirer des conclusions simples ou de proposer des solutions uniformes, mais elles n’empêchent pas les États membres de coopérer entre eux, de procéder à des échanges et de tirer mutuellement parti de leurs connaissances. Un certain nombre de documents adoptés par le Conseil des ministres depuis 1999 attestaient la volonté des États membres de placer la coopération en matière de santé mentale sur le terrain communautaire. Les conclusions du Conseil de juin 2005 sont venues souligner le message en demandant à ces mêmes États à prêter toute l’attention requise à la concrétisation des conclusions de la conférence ministérielle européenne de l’OMS sur la santé mentale. Quant à la Commission, elle était invitée à contribuer à cette démarche dans la mesure de ses compétences. |
|
L’élaboration
d’une stratégie sur la santé mentale à
l’échelon communautaire apporterait la plus-value suivante : (1) création d’un forum pour les échanges et la coopération entre États membres, (2) contribution au renforcement de la cohérence des actions menées dans divers domaines, et (3) aménagement d’un espace permettant d’associer les
parties prenantes – organisations
de patients
et société civile comprises – à
l’élaboration de solutions. (et
patients et parents) La consultation doit identifier dans quelles mesures les politiques communautaires et les instruments financiers, comme par exemple les programmes-cadres pour la recherche, contribuent à améliorer la santé mentale de la population. Les États membres sont encouragés à déterminer, en collaboration avec les régions et la Commission, comment mieux employer les politiques et fonds Communautaires, y compris les Fonds Strucutrels, afin d’améliorer les structures de soin à long terme et les infrastructures sanitaires dans le domaine de la santé mentale. Une contribution horizontale pourrait consister à rassembler des informations et des connaissances sur le statut de la santé mentale dans l’Union européenne, sur les déterminants de la santé mentale et sur les moyens de venir à bout de la mauvaise santé mentale. Il convient de mettre à profit, lors de la conception de cette stratégie communautaire, la Stratégie de l’OMS pour la Région européenne, les résultats des activités relevant des programmes de l’Union et les données disponibles dans les États membres. La Commission propose qu’une éventuelle stratégie communautaire se concentre sur les aspects suivants : (1) veiller à la santé mentale de tous, (2) traiter le problème de la mauvaise santé
mentale par la prévention, (3)
améliorer la qualité des conditions d’existence des
malades mentaux et des
personnes souffrant d’incapacité mentale par l’insertion sociale
et la défense de leurs droits et de leur
dignité,
et
(4) élaborer un système d’information, de recherche et de connaissances pour l’Union européenne. |
|
Les
engagements politiques existants doivent être traduits en actes.
Les projets mis en chantier dans le contexte des programmes
communautaires en faveur de
la santé publique ont montré qu’il était possible
d’obtenir des résultats positifs et nantis d’un bon rapport
coût-efficacité; d’autres projets ont permis
d’améliorer une base d’informations et de Le réseau Implementing Mental Health Promotion Action (IMPHA) a mis en place sur l’Internet une base de données décrivant les programmes en cours ; il a également fait le point sur les constatations en matière de préservation et de prévention et dressé un plan d’action intitulé Mental Health Promotion and Mental Disorder Prevention. A Policy for Europe 6.1. Action en faveur de la santé mentale et prévention La préservation de la santé mentale et la prévention de la mauvaise santé mentale touchent aux déterminants particuliers, familiaux, communautaires et sociaux de la santé mentale et passent par un renforcement des facteurs de protection (par exemple, la capacité d’adaptation) et la réduction des facteurs de risque (annexe 7). Les écoles et les lieux de travail, où la population passe une grande partie de son temps, sont des théâtres d’action d’une importance cruciale. 6.1.1. Action en faveur de la santé mentale de la population Bâtir la santé mentale des enfants en bas âge, des enfants et des adolescents Dès lors que la santé mentale est exposée à de fortes influences durant les premières années de l’existence, la préservation de la santé mentale chez les enfants et les adolescents est un investissement pour l’avenir. L’acquisition de compétences parentales peut améliorer le développement de l’enfant. De même, une méthode scolaire holistique (traiter une personne plutôt qu'un organe ou une maladie) peut accroître les compétences sociales et la capacité d’adaptation et, parallèlement, atténuer le harcèlement, l’anxiété et les symptômes dépressifs. Quelques actions couronnées de succès dans le contexte de projets communautaires Nourrissons et enfants : traitement de la dépression post-partum chez la mère, amélioration des compétences parentales, visites à domicile d’infirmières chargées d’assister les futurs parents et les parents de fraîche date, interventions d’infirmières dans les établissements scolaires Adolescents
et jeunes gens : environnement scolaire et éthique propices,
dossiers d’information sur la santé mentale à l’usage des
étudiants, des parents et des enseignants Agir
en faveur de la santé mentale dans la population active (et inactive) Si
la bonne santé mentale augmente la capacité de travail et
la productivité,
de mauvaises conditions de travail – y compris les manœuvres de
harcèlement moral auxquelles peuvent se livrer des
collègues – débouchent
sur une santé mentale médiocre, des arrêts de
travail
pour maladie et des dépenses accrues. Jusqu’à Quelques actions couronnées de succès dans le contexte de projets communautaires Démarche participative sur le lieu de travail et « culture » de la gestion, dépistage des maladies mentales chez les membres du personnel, adaptation des modalités de travail aux besoins du personnel (par exemple, horaires variables) Agir en faveur de la santé mentale chez les personnes âgées Le vieillissement de la population de l’Union européenne a, sur le plan de la santé mentale, des conséquences au sujet desquelles il convient d’agir. La vieillesse s’accompagne de multiples facteurs de stress qui peuvent aggraver la mauvaise santé mentale, tels que la diminution des facultés fonctionnelles ou l’isolement social. La dépression en fin de vie et les conditions neuropsychiatriques liées à l’âge, comme la démence, viendront s’ajouter au fardeau des troubles mentaux. Il est apparu que l’octroi d’un soutien à cet égard améliorait la santé mentale chez les plus âgés. Quelques actions couronnées de succès dans le contexte de projets communautaires Réseaux de soutien social, incitation à l’exercice physique et participation à des activités collectives ou bénévoles Aider les catégories sociales plus vulnérables Un
faible statut social et économique accroît la
vulnérabilité à la mauvaise santé mentale.
La perte d’un emploi et le chômage risquent de nuire à
l’estime de soi et de conduire à la dépression. Les
travailleurs immigrés et autres groupes marginalisés sont
plus exposés à la mauvaise santé mentale. Des
interventions permettant aux chômeurs de réintégrer
le marché
du travail peuvent se révéler rentables. L’aide aux
catégories plus vulnérables est de nature à
améliorer la santé
mentale, consolider la cohésion sociale et éviter les
charges économiques et sociales associées à cette
vulnérabilité. Quelques actions couronnées de succès dans le contexte de projets communautaires Fourniture
de conseils aux groupes à risques, aide au retour sur le
marché du travail, emplois assistés pour les malades
mentaux et les personnes souffrant d’incapacité mentale Initiative communautaire envisageable Les suggestions formulées pendant le processus de consultation en réponse au présent livre vert pourraient être prises en compte dans une proposition de la Commission relative à une recommandation du Conseil sur une action en faveur de la santé mentale. 6.1.2. Prévention Prévention
de la dépression (et des
psychoses ???) La dépression est l’un des problèmes de santé les plus graves à se poser dans l’Union européenne. Le 2004 rapport d’experts de la Commission
intitulé Actions against Depression comporte une
analyse de cette affection et de ses conséquences pour la
santé publique et
le système socio-économique et
énonce
diverses lignes de conduite envisageables en la matière. Quelques actions couronnées de succès Interventions cognitives comportementales (lesquelles?) , soutien psychologique des personnes vulnérables, formation des professionnels de la santé à la prévention, à l’identification et au traitement de la dépression Diminution des troubles liés à la toxicomanie L’alcool, les stupéfiants et d’autres substances psychoactives sont souvent un facteur de déclenchement ou une conséquence de problèmes de santé mentale. La drogue et l’alcool constituent deux thèmes prioritaires de la politique de la Communauté dans le domaine de la santé. – Drogue En 2004, le Conseil a adopté une Stratégie antidrogue de l’UE pour la période 2005-2012. L’année suivante, il a également adopté un Plan d’action drogue de l’UE (2005-2008). La Commission envisage de soumettre, pour la fin de 2006, un rapport sur le bilan d’application de la recommandation du Conseil dans les États membres. – Alcool En 2001, le Conseil a adopté une recommandation concernant la consommation d’alcool chez les jeunes, notamment les enfants et les adolescents. Actuellement, la Commission évalue l’application de ce texte et prépare une stratégie communautaire globale visant à atténuer les ravages de l’alcool. - Prévention du suicide Les États membres travaillent à l’élaboration de stratégies de prévention du suicide. Citons, parmi les enseignements tirés en la matière : la mise hors d’atteinte des candidats au suicide de méthodes qui permettraient à ces derniers de parvenir à leurs fins, la formation idoine des prestataires de soins, ou encore, la collaboration entre les services chargés des soins secondaires et ceux qui assurent les soins de suite après une tentative de suicide. Quelques actions couronnées de succès L’Alliance
européenne contre la dépression (EAAD) entend
réduire le nombre des comportements suicidaires ou
dépressifs en créant des réseaux d’information
régionaux entre le secteur de la
santé, les patients et leurs familles, les animateurs de
communautés
et le grand public. Un projet pilote a fait apparaître une diminution des suicides et des tentatives de suicide de 25 %, notamment chez les jeunes. Initiative communautaire envisageable Les suggestions formulées pendant le processus de consultation en réponse au présent livre vert pourraient être prises en compte dans une proposition de la Commission relative à une recommandation du Conseil sur la réduction des comportements dépressifs et suicidaires. 6.2. Favoriser l’insertion des malades mentaux et des personnes mentalement diminuées dans la société et défendre leurs droits fondamentaux et leur dignité Les
malades mentaux et les personnes mentalement diminuées se
heurtent à
des appréhensions et à des préjugés qui
sont
souvent le produit d’idées fausses sur la santé mentale.
La
stigmatisation accroît les souffrances personnelles, aggrave
l’exclusion
sociale et risque même d’être un obstacle au logement et
à
l’emploi. Il se peut aussi que les personnes concernées
renoncent
à demander de l’aide, par crainte d’être montrées
du
doigt. L’article
13 du Traité établit une base juridique pour la lutte
contre la discrimination fondée, entre autres, sur un handicap.
Il faut
aussi que l’attitude du public, des partenaires sociaux, des pouvoirs
publics
et des gouvernements change : en sensibilisant mieux l’opinion aux
maladies et incapacités mentales et en encourageant
l’intégration des personnes qui en sont atteintes dans la vie
professionnelle, il est possible d’amener la société
à plus de compréhension
et de tolérance. Un changement de modèle La désinstitutionnalisation des
services voués à la santé mentale et leur
transfert dans des services de soins primaires, des centres
communautaires et des hôpitaux généraux en fonction
des besoins des patients et de leurs familles peuvent aider
à l’insertion sociale. Transfert dans quoi ? Les CMP ?(centre
médico psychiatrique) Ils n'ont rien de structures de
réhabilitation psycho-sociales tout au plus de maintien des
patients à un calme
relatif Si on veut
faire des services de réhabilitation efficaces, il faut des
moyens importants faisant intervenir tous les professionnels, tous les
patients et leurs parents Une étude réalisée pour la Commission – Included
in Society38 – a confirmé que le remplacement des
établissements psychiatriques par des services de nature Une nouvelle étude analysera et
exposera la manière d’utiliser au mieux les ressources
financières
disponibles pour répondre aux besoins des personnes mentalement diminuées et fournira des données
chiffrées sur le coût de la désinstitutionnalisation.
Activités d’autres organisations internationales en la matière À l’intérieur du Réseau
d’hôpitaux promoteurs de santé de l’OMS, un Task
Force on Health Promoting Psychiatric
Services (groupe de travail sur les services psychiatriques promoteurs
de santé) a établi des modèles de bonnes pratiques
en matière de valorisation
de la santé mentale en psychiatrie. En 2006, le Conseil de l’Europe s’attellera
à la création d’un « outil de
référence européen pour l’éthique
et les droits de l’homme dans le domaine de la santé mentale
». La
solution de ne rien faire lorsqu'un jeune est atteint de premiers
délires
est encore pire ! Ce n'est pas par plaisir qu'on envoie
un enfant ou un adulte en première crise de délire dans
un asile psychiatrique; c'est pour tenter de le sauver et non de
laisser la maladie s'incruster
définitivement dans le cerveau Avant d'émettre de telles
idées contraires aux droits d'être sauvés, allez
donc voir ce qui
se passe réellement sur le terrain et à ce momemnt
là
, vous n'émettrez plus d'idées générales de
ce
genre, mais vous émettrez des idées directrices utiles
pour
les sauver et vous émettrez alors des idées
médicales
, des idées charitables , des idées de véritable
conscience
humaine et non des couperets d'idées générales
sans
relation avec la maladie Le projet intitulé Compulsory
Admission and Involuntary Treatment of Mentally Ill Patients –Legislation and Practice in EU-Member States a
montré
que la législation variait grandement selon
l’État membre. Les attitudes et les traditions culturelles, de
même que les structures et la
qualité des services
de santé mentale, peuvent aussi exercer une influence. La place
accordée à l’internement obligatoire est très
différente d’un État membre à l’autre. Initiatives communautaires envisageables – Les
suggestions formulées pendant le processus de consultation
pourraient permettre de déterminer les meilleures
pratiques à suivre pour favoriser l’insertion sociale et
défendre les droits des malades mentaux et des personnes
frappées d’incapacité
mentale. – Le sort des malades mentaux et des personnes
frappées d’incapacité mentale et la situation dans les
établissements psychiatriques pourraient être
ajoutés aux attributions de
l’Agence des droits fondamentaux de l’Union
européenne, qui ouvrira ses portes le 1er janvier 2007. 6.3. Améliorer l’information et les connaissances sur la santé mentale dans l’Union européenne Les
mécanismes de suivi existant en matière de santé
couvrent mal le domaine de la santé mentale. L’harmonisation des
indicateurs nationaux et
internationaux relatifs à la santé mentale et à
l’incapacité
mentale dans les populations – l’objectif visé étant la
mise au point de données de référence comparables
à
l’échelle de l’Union européenne – exige des efforts
considérables. Bon courage ! si vous arrivez à
savoir ce qui se passe en France c'est que vraiment vous êtes
remarquable
; en particulier sur ce que devienne nos enfants après notre
disparition Initiative communautaire envisageable Une interface entre les milieux
décisionnels et le monde de la recherche pourrait
être aménagée, qui relierait entre eux
autorités communautaires et nationales, milieux scientifiques et
parties prenantes et qui pourrait émettre des avis sur les
indicateurs de santé mentale pertinents pour l’Union
européenne, sur le suivi de la santé mentale et sur les
priorités à
respecter sur le plan de la recherche à l’échelon
communautaire. |
|
Au
vu de l’importance que revêt la santé mentale dans de
multiples domaines, il est légitime de proposer
l’élaboration d’une
stratégie communautaire sur ce thème à partir d’un
processus de consultation aussi vaste qu’exhaustif. Les activités suivantes sont envisagées. 7.1. Ouverture d’un dialogue sur la santé mentale avec les États membres Un
tel dialogue permettra aux États membres d’échanger leurs
points de vue et de coopérer entre eux. L’un des objectifs
poursuivis est la détermination de priorités et
d’éléments
destinés à un plan d’action sur la santé mentale
et,
plus spécifiquement, à la préparation d’une
série
d’activités fondamentales dans des secteurs liés ou non 7.2. Lancement de la Plate-forme de l’Union européenne sur la santé mentale La Plate-forme de l’Union européenne sur la santé mentale devrait favoriser une coopération et un consensus intersectoriels autour de la santé mentale grâce à l’association de divers protagonistes : décideurs, spécialistes et parties prenantes provenant de secteurs relatifs ou non à la santé et représentants de la société civile. La Plate-forme devrait analyser les principaux aspects de la santé mentale, définir des pratiques reposant sur des preuves scientifiques, formuler des recommandations sur les mesures à prendre – à l’échelon communautaire également – et élaborer un recueil des meilleures pratiques à suivre pour favoriser l’insertion sociale des malades mentaux et des personnes souffrant d’incapacité mentale et assurer la défense des droits et de la dignité de ceux-ci. Le tout viendrait alimenter le dialogue avec les États membres. 7.3. Mise en place d’une interface entre action et recherche autour de la santé mentale Cette troisième démarche aura pour objet d’inciter les parties prenantes à stimuler le dialogue autour de l’élaboration d’un système d’indicateurs qui engloberait des renseignements sur la santé mentale et ses déterminants, l’analyse des conséquences et des pratiques reposant sur des fondements scientifiques. Il s’agirait d’étudier les moyens les plus efficaces de déterminer les priorités de la recherche et d’améliorer l’interface entre systèmes de données, connaissances en matière de recherche et processus décisionnels. Les recommandations qui en découleraient pourraient figurer dans le plan d’action. |
|
Un
large consensus admet que les dimensions humaines, sociales et
économiques de la santé mentale nécessitent une
plus grande connaissance des décideurs politiques et de
l’opinion publique. D’importantes
initiatives sont prises au niveau des Etats Membres, de l’Union
européenne
et de l’OMS. Erreur profonde; l'opinion publique est
totalement incompétente en la matière , elle ne fait pas la différence
entre handicap mental et psychique etc, etc. La Commission invite tous les citoyens, parties et organisations intéressés, de même que les autres institutions européennes, à contribuer à la préparation d’une éventuelle stratégie communautaire et d’un plan d’action sur la santé mentale en lui faisant connaître leurs observations au sujet du présent livre vert. Elle est particulièrement intéressée par d’éventuelles réponses aux questions suivantes : (1)
Quelle est l’importance de la santé mentale de la population
pour les objectifs stratégiques de l’Union européenne,
tels qu’ils sont énoncés au chapitre 1 ? (2)
L’élaboration d’une stratégie communautaire globale sur
la santé mentale
apporterait-elle une plus-value aux actions actuelles et celles
envisagées
? les priorités définies (3)
Les initiatives proposées aux chapitres 6 et 7 permettent-elles
de favoriser la coordination entre États membres, de tenir
compte de la santé mentale dans les politiques liées ou
non à la santé
et dans les actions engagées par les parties prenantes et
d’instaurer des liens plus adéquats entre recherche et action
dans le domaine
de la santé mentale ? Les
contributions au processus de consultation devront parvenir à la
Commission pour le 31 mai 2006 par
courrier électronique Elles seront publiées sur le site Internet de la Commission, sauf indication expresse du contraire. La Commission entend présenter, fin 2006, son analyse des réponses reçues et, le cas échéant, ses propositions et initiatives concernant une stratégie sur la santé mentale pour l’Union européenne. |
ANNEXE 1
ANNEXE 2
Nombre estimatif d’individus de 18 à 65 ans appartenant à la population de l’Union européenne et ayant souffert de troubles d’ordre psychique au cours des douze derniers mois
ANNEXE 3
Taux
normalisé de morts par suicide pour 100 000 individus dans les
États membres de l’Union européenne
en 2002
ANNEXE 4
Répercussions économiques à long terme des problèmes de santé mentale (chiffres libellés en euros/prix de 2002)
ANNEXE 5
Tableau
récapitulatif
de diverses activités menées par la Commission
européenne
dans le domaine de la santé mentale entre 1999 et 2005
ANNEXE 6
ANNEXE 7
Déterminants
sociaux, existentiels et économiques de la santé mentale
RÉFÉRENCES
Voir le site origine de l'UE