SANTE La
stimulation
cérébrale a amélioré la vie quotidienne
de 2 000 malades parkinsoniens
en France et 15 000 en Europe
Le traitement qui aide les Parkinsoniens à revivre
| Cheveux blonds,
la soixantaine,
Luitgard Treml-Lenz joue sans faillir un morceau de Beethoven. Comme si
de rien n'était. Sauf que l'artiste ne se produit pas
aujourd'hui
dans une salle de concert, mais au Palais des congrès de Paris,
où se tient le 8ème colloque des sociétés
neurologiques
européennes. Professeur de piano à- Munich, elle a tenu
à
apporter la preuve de l'effet améliorateur du traitement de la
maladie
de Parkinson par la technique de stimulation cérébrale
profonde. Très handicapante, la maladie de Parkinson se manifeste notamment par l'apparition de mouvements lents, voire incoordonnés, par des tremblements et des troubles de l'équilibre. En revanche, "l'intelligence n'est pas affectée" précise Yves Agid, neurologue à l'hôpital de la Salpêtrière. « Cette maladie est un cauchemar car elle s'aggrave progressivement. On devient dépendante et on ne peut pas dominer son propre corps », se souvient Luitgard. |
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Diagnostiquée
à 40
ans, traitée médicalement par la dopamine (la
molécule
qui fait défaut du fait de la destruction de neurones au centre
du cerveau), la pianiste a été opérée en
2003
et les progrès se sont fait sentir très rapidement.
«Aujourd'hui,
j'ai retrouvé ma capacité à jouer et
amélioré
ma qualité de vie», dit-elle.
Inventée dès 1987 par les professeurs Alim-Louis Benabid et Pierre Pollak, de l'université de Grenoble, la technique de l'électro--stimulation consiste à implanter des électrodes dans la zone centrale déficiente du cerveau afin de la stimuler en permanence au moyen d'un appareil électrique placé sous la peau, dans la région pectorale. L'intervention mobilise une équipe multidisciplinaire
de
psychologues, radiologues et chirurgiens. |
Mais elle
équivaut à
deux ans et demi de traitement avec le médicament dopamine, sans
en avoir les effets secondaires, explique Yves Agid. Malheureusement,
il
n'y a pas une mais des maladies de Parkinson, et seulement 15 % des cas
sont traitables par stimulation», poursuit le neurologue.
L'opéré
doit toutefois être bien encadré psychologiquement car
l'intervention
peut entraîner chez lui un changement comportemental
radical. La technique de stimulation permet aussi d'améliorer " de 50 %, voire 90 %, les enfants souffrant de dystonies (perturbation du tonus nerveux). Elle devrait également permettre de traiter des maladies psychiatriques comme les TOC (troubles obsessionnels compulsifs)», indique Yves Agid. DENIS SERGENT
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